Contribution deYelva ROUSTAN, Victor WINIAREK, Nora DUHANYAN, Marc BOCQUET & Nikolaï TALERKO:


Modélisation inverse du terme source de l'accident de Tchernobyl à l'aide des mesures de flux de dépôt de radionucléides



La modélisation inverse de sources accidentelles de traceurs exploitant les méthodes de l'assimilation de données est d'un intérêt malheureusement confirmé par l'actualité récente. Ces dernières années les travaux menés au CEREA sur le sujet ont conduit à des développements méthodologiques exploitant des modèles de dispersion atmosphérique conjointement avec des observations de concentrations dans l'air. L'objectif du projet MIDAR était d'étendre l'utilisation de ces méthodes en intégrant des observations de dépôts au sol. Le cas d'étude initialement choisi correspondait à l'accident de Tchernobyl et au panache de radionucléides (Iode-131, Césium-134 et Césium-137) qu'il a généré. L'actualité a conduit à s'intéresser également au cas de l'accident de Fukushima. Les mesures de dépôt sont diverses, d'une part de dépôt humide journalier qui correspondent aux mesures effectuées par les réseaux météorologiques et d'autre part de mesures dans les sols représentant des cumuls de durées variables (de loin les plus nombreuses). La difficulté avec ces dernières mesures réside dans le fait qu'elles peuvent intégrer les dépôts passés en raison des temps de vie souvent considérables des isotopes radioactifs. Par ailleurs la modélisation directe des flux de dépôt étant plus complexe que celle des activités volumiques dans l'air, l'exploitation d'observations de dépôt soulève des difficultés supplémentaires. Les représentations sommaires habituellement utilisées avec ce type de polluants pour les processus microphysiques gouvernant le dépôt introduisent des incertitudes fortes. Une première approche a consisté à inverser les paramètres principaux de ces modélisations simples des processus de dépôt sur la base des observations d'activités dans l'air. Une deuxième approche a été d'explorer les avantages et inconvénients de paramétrisations plus détaillées, fournissant une meilleure variabilité spatiale et temporelle. La difficulté à représenter les précipitations dans le modèle météorologique fournissant les champs d'entrée du modèle de dispersion se répercute également sur le diagnostic des flux de dépôt humide.

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