Contribution de A. Fortems, F. Chevallier, I. Pison, P. Bousquet, S. Szopa:


Inversion des émissions de CO à l'échelle du globe de 2000 à 2006.



Le CO joue un rôle important dans la chimie atmosphérique car il affecte les concentrations des trois gaz à effet de serre les plus importants. En effet, les concentrations de CO modulent celles du méthane via des réactions chimiques impliquant le radical hydroxyle OH. L'oxidation de CO par OH fournit une source modeste pour le dioxyde de carbone. Enfin, le CO est l'un des précurseurs de l'ozone troposphérique. Les sources de CO sont connues qualitativement: ce sont principalement les combustions incomplètes des hydrocarbures fossiles et de la biomasse. Toutefois, le bilan quantitatif de CO est toujours incertain. Il existe des cadastres d'émissions mais les émissions de CO sont très variables dans l'espace et dans le temps. Cela rend donc leur quantification à l'échelle planétaire difficile. En plus du nombre croissant de mesures in situ, les instruments satellitaires fournissent désormais des informations sur les distributions mondiales de CO. MOPITT (Measurements Of Pollution In The Troposphere), embarqué depuis 1999 sur le satellite TERRA de la NASA, fut le premier instrument permettant de cartographier les concentrations de CO à l'échelle planétaire. Nous avons utilisé ces données de mars 2000 à décembre 2006. Notre système d'inversion est basé sur le modèle de transport LMDz et un module de chimie simplifiée (SACS). Il permet l'optimisation simultanée des concentrations d'OH, de formaldéhyde et des émissions de CO à la résolution de la maille du modèle. Cet innovant système variationnel multi-espèces nous a permis d'obtenir un inventaire optimisé des sources et des puits de CO. Les budgets totaux annuels vont de 1240 TgCO en 2002 à 1391 TgCO en 2006, pour une moyenne de 1277 TgCO/an. Les régions les plus émettrices de monoxyde de carbone sont l'Asie du sud-est, l'Afrique Equatoriale et les Etats-Unis.

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